- 25 mars 2026
- Envoyé par : Rédaction Web
- Catégories: ADMINISTRATION ET FINANCE, CARTOGRAPHIE ET SIG, DEVELOPPEMENT RURAL AMENAGEMENTS ET GIRE, ENVIRONNEMENT – FORESTERIE- CHANGEMENT CLIMATIQUE, ETUDES ET CONTROLE DES TRAVAUX, ETUDES SOCIO ECONOMIQUES ET MANAGEMENT, GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE ET URBANISATION, MAITRISE D’OUVRAGE DELEGUEE
Dans le cadre de sa politique nationale d’assainissement, le Gouvernement ivoirien, avec l’appui technique et financier de la Banque mondiale, met en œuvre le Projet d’Assainissement et de Résilience Urbaine (PARU). Au titre de sa composante dédiée à l’amélioration des infrastructures de gestion des déchets solides, ce projet prévoit la construction d’un Centre de Valorisation et d’Enfouissement Technique (CVET) à M’Bouèdio, dans la commune de Tiébissou, ainsi que de cinq centres de transfert dans les villes de Bouaké, Yamoussoukro, Tiébissou et Toumodi. Ces infrastructures structurantes visent à offrir une solution durable et écologique au traitement des déchets ménagers et assimilés, en remplacement des décharges sauvages, pour préserver la santé publique et l’environnement.
La réalisation de ces ouvrages, bien qu’essentielle pour le développement territorial, implique des acquisitions foncières et des impacts sur les moyens de subsistance des populations riveraines. Pour garantir que ces opérations se déroulent dans le respect absolu des droits des personnes affectées, un Plan d’Action de Réinstallation (PAR) a été élaboré conformément à la législation ivoirienne et à la Norme Environnementale et Sociale n° 5 de la Banque mondiale. Ce document cadre définit les principes d’équité, les procédures d’indemnisation et les mécanismes de protection applicables à l’ensemble du processus de réinstallation involontaire.
L’objectif central du PAR est d’assurer que les Personnes Affectées par le Projet (PAP) retrouvent, au minimum, leurs conditions de vie antérieures, voire les améliorent. Au total, soixante et une personnes ont été recensées, dont des propriétaires terriens, des exploitants agricoles et des récupérateurs de déchets. Le PAR prévoit non seulement l’indemnisation équitable des pertes de terres et de cultures, mais aussi un accompagnement pour la restauration des moyens de subsistance. Une attention particulière est portée aux personnes vulnérables identifiées, pour lesquelles des mesures d’assistance spécifiques sont prévues. Le dispositif inclut également un Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP) sensible aux risques d’exploitation et d’abus sexuels, avec des canaux de signalement sécurisés et confidentiels.
La démarche adoptée pour l’élaboration de ce PAR a été résolument participative. Des consultations publiques ont été organisées entre août 2023 et mars 2025 dans les localités de Kologonoua, M’Bouèdio, Seman, Akpessékro et Bendressou, impliquant autorités administratives, chefs traditionnels, société civile et populations riveraines. Des dates butoirs ont été fixées et largement diffusées pour déterminer l’éligibilité aux mesures d’indemnisation. Un budget dédié a été alloué aux indemnisations et à la mise en œuvre du PAR, témoignant de l’engagement financier à accompagner dignement les populations concernées et à assurer un suivi rigoureux des mesures prévues.
La réussite de ce processus repose sur une gouvernance multi-acteurs. L’Unité de Coordination du Projet (UCP), les directions régionales techniques, une ONG spécialisée et les représentants des PAP travailleront en synergie pour superviser la mise en œuvre du PAR. Des comités locaux de suivi et des commissions d’indemnisation seront mobilisés pour garantir la transparence et la redevabilité. Un audit indépendant est également prévu pour évaluer la conformité et l’efficacité des mesures déployées.
A terme, la mise en service du CVET et des centres de transfert contribuera significativement à l’amélioration du cadre de vie dans l’intercommunalité du Centre, en réduisant les risques sanitaires liés à la gestion inadaptée des déchets et en préservant les ressources naturelles. En plaçant la protection sociale et le respect des droits humains au cœur de sa mise en œuvre, le PAR constitue un gage de développement inclusif et durable. Cette approche responsable illustre la volonté du Gouvernement ivoirien et de ses partenaires de concilier modernisation des infrastructures et justice sociale, pour un bénéfice partagé par l’ensemble des communautés.













