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Accès à l’eau et protection des droits : Un plan de réinstallation responsable pour Bandundu (RDC)

Dans le cadre de sa stratégie nationale de développement, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo engage des travaux structurants pour améliorer l’alimentation en eau potable dans la ville de Bandundu, province du Kwilu. Ce projet, piloté par la Cellule d’Exécution des Projets-Eau (CEP-O) en collaboration avec la REGIDESO, prévoit la réhabilitation de forages, de réseaux de distribution, de réservoirs et de bornes-fontaines, avec un recours privilégié à l’énergie solaire photovoltaïque pour un fonctionnement durable.
 
La réalisation de ces infrastructures, bien qu’essentielle pour le développement local, implique des acquisitions foncières et des déplacements de populations. Pour garantir que ces opérations se déroulent dans le respect absolu des droits des personnes affectées, un Plan d’Action de Réinstallation (PAR) a été élaboré conformément à la législation nationale et à la Norme Environnementale et Sociale n° 5 de la Banque mondiale. Ce document cadre définit les principes, les procédures et les mécanismes de protection applicables à l’ensemble du processus de réinstallation involontaire.
 
L’objectif central du PAR est d’assurer que les Personnes Affectées par le Projet (PAP) retrouvent, au minimum, leurs conditions de vie antérieures, voire les améliorent. Il s’agit non seulement d’indemniser équitablement les pertes d’actifs bâtis, agricoles ou commerciaux, mais aussi d’accompagner les ménages dans la restauration de leurs moyens de subsistance. Une attention particulière est portée aux groupes vulnérables, notamment les femmes, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, pour lesquels des mesures d’assistance spécifiques sont prévues. Le PAR intègre également un Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP) sensible aux risques d’exploitation et d’abus sexuels, avec des canaux de signalement sécurisés et confidentiels.
 
La démarche adoptée pour l’élaboration de ce PAR a été résolument participative. Des consultations publiques ont été organisées dans les communes de Basoko, Disasi et Mayoyo, impliquant autorités locales, leaders communautaires, société civile et populations riveraines. Une date butoir, fixée au 7 juin 2025 et largement diffusée via les médias locaux, a été établie pour déterminer l’éligibilité aux mesures d’indemnisation. Au total, plus de deux mille PAP ont été recensées, dont plusieurs identifiées comme vulnérables, nécessitant un accompagnement renforcé. Un budget dédié a été alloué aux indemnisations et à la mise en œuvre du PAR, témoignant de l’engagement financier à accompagner dignement les populations concernées.
 
La réussite de ce processus repose sur une gouvernance multi-acteurs. La CEP-O, l’Unité Provinciale d’Exécution des Projets du Kwilu, l’Agence Congolaise de l’Environnement, les autorités municipales et une ONG spécialisée dans l’appui aux violences basées sur le genre travailleront en synergie pour superviser la mise en œuvre du PAR. Des comités locaux de gestion des plaintes seront installés avant le début des opérations d’indemnisation, garantissant ainsi un suivi de proximité et une redevabilité accrue. Un audit indépendant est également prévu pour évaluer la conformité et l’efficacité des mesures déployées.
 
A terme, ce projet d’alimentation en eau potable contribuera significativement à l’amélioration des conditions de vie des habitants de Bandundu, en réduisant la pénibilité de l’accès à l’eau et en prévenant les maladies hydriques. En plaçant la protection sociale et le respect des droits humains au cœur de sa mise en œuvre, le PAR constitue un gage de développement inclusif et durable. Cette approche responsable illustre la volonté du Gouvernement et de ses partenaires de concilier progrès infrastructurel et justice sociale, pour un bénéfice partagé par l’ensemble des communautés.


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